Natsu Basho (2)
23 juil. 2008Une journée ordinaire lors d'un tournoi de sumo (Hon-basho) débute très tôt dans la matinée et se termine toujours à six heures de l'après-midi. Le matin, ce sont les lutteurs (Rikishi) des rangs inférieurs qui s'affrontent en premier. Généralement à ce moment là de la journée, il n'y a quasiment pas de public pour les encourager. De plus, comme le tournoi regroupe plusieurs centaines de participants, il a été décidé que seul les deux plus hautes catégories de lutteurs (Maku-uchi et Jûryô) combattront chaque jours durant les 15 jours que dure le tournoi. Les autres ne feront alors que 7 matchs par alternance sur la durée du Hon-basho.

Les matchs de sumo sont régis par des règles très strictes. Tout d'abord, entre en scène le Yobidashi en habit traditionnel (ci-dessus). Son rôle est de désigner et d’appeler successivement, à l’aide d’un grand éventail, les deux lutteurs à venir le rejoindre sur le Dohyô. Lors de cet appel, toujours dirigé en premier vers le sumo du côté Ouest, celui-ci informe le public dans une vocalise très religieuse le nom du lutteur, son rang, son pays d’origine ainsi que le nom de son Heya (écurie). Ce n'est qu'à partir de ce moment que les deux lutteurs peuvent enfin pénétrer en même temps sur le dohyô et que la préparation du combat peut alors réellement commencer.


Le lutteur gagnant du combat précédent se doit de puiser dans un seau au pied du Dohyô une louche d’eau (Shikara-mizu) pour le futur lutteur qui combattra du même côté que lui. Donc si le sumo du côté Est est vainqueur, celui-ci l’offrira au futur lutteur du côté Est. Par contre pour l’autre côté, le lutteur vaincu repartira à son vestiaire et c‘est le sumo du combat suivant qui exécutera se geste. Enfin, les futurs combattant recevront aussi une feuille de papier afin qu’ils puissent recracher l’eau discrètement en se cachant la bouche et ensuite pouvoir s’essuyer.

Une fois ce petit rituel terminé, la préparation mental pour le combat peut enfin réellement commencer. Les deux lutteurs prennent alors une poignet de sel et la jette en entrant sur l'air de combat. A partir de ce moment là, les lutteurs commence simultanément à faire un Chiri-chôzu face à face. Il est admis que ce rituel serait une façon de montrer à son adversaire que le combat se fera bien à main nue.

Une fois effectué, chacun repart dans son coin fait quelques étirements et revient ensuite au centre du Dohyô en aillant encore préalablement jeté une poignet de sel. Les deux sumos vont alors pratiquer le fameux Shiko qui consiste en une danse rituel où les lutteurs lèvent une jambe avant de la rabattre vigoureusement sur le sol pour faire fuire les mauvais esprits et solliciter la faveur des dieux.

Le combat commence lorsque l’arbitre (Gyogi) l’y autorise part l‘intermédiaire de son éventail de combat (Gumbai). Les deux sumos se positionnent alors derrière les Shikiri-sen qui sont deux lignes blanches parallèles sur le sol séparant le côté Ouest de l’Est. Une fois qu’ils auront posé ensemble leurs deux mains fermées sur le sol, le combat commence.




Cependant, il est fréquent qu'un des lutteurs refuse le combat. Celui-ci le fait généralement pour déstabiliser la concentration de son adversaire ou tout simplement par manque de préparation mentale.




Il est à noter que ce temps de préparation ne peut pas excéder quatre minutes et ce pour la plus haute catégorie de sumo. Donc durant ce temps, les combattants auront pu effectuer plusieurs entrées et sorties de l'air de combat.
Les règles de cette joute sportive sont assez simple à première vue. Pour gagner, il suffit de faire sortir son adversaire du cercle de combat (un pied suffit) ou de le déstabiliser et lui faire toucher le sol du Dohyô avec toute partie du corps autre que la plante de ses pieds. Il existe 82 prises officielles (Kimarite) plus cinq non-officielles. Une fois le combat terminé, les deux lutteurs viennent se repositionner au niveau des Shikiri-sen et se saluent.
Généralement, le vainqueur reçoit des mains de l’arbitre des primes plus ou moins importantes selon son niveau et sa popularité. Il les reçoit en s’accroupissant et en faisant un signe particulier de la main. Avant le combat, on voit souvent apparaître les fameux Kenshô. Ce sont des bannières publicitaires qui annoncent que telle ou telle société offrent un prix au futur vainqueur du combat. Selon la popularité et le prestige des sumos, la prime peut-être plus ou moins importante ou voir inexistante.

A la fin de chaque journée de tournoi se déroule le Yumitori-shiki (cérémonie de l‘arc). Il s’agit de l’ultime rituel mettant un terme à la journée de combat. Celui-ci est pratiqué par un sumo muni d’un arc. Cette cérémonie sert à la fois à purifier le Dohyô en chassant les mauvais esprits et à remercier les dieux.

Il est à noter que lors de l'ultime journée du tournoi avant les trois derniers combats, les six derniers Rikishi pénètrent sur le Dohyô par groupe de trois. Ils effectuent ensemble, les trois de l’Est en premiers puis ceux de l'Ouest ensuite, un Shiko. Ce rituel s‘appelle le Soroi-bumi.